AKAA 2026 : Zangbéto V et VI au Carreau du Temple
La foire AKAA ouvre à Paris. Deux œuvres de ma série Zangbéto, V et VI, sont accrochées sur le stand D7 d'Ellipse Art Projects jusqu'au 25 octobre.

AKAA, pour Also Known As Africa, est la foire d'art contemporain et de design consacrée aux scènes artistiques d'Afrique et de ses diasporas. C'est sa onzième édition. Elle se tient au Carreau du Temple, une halle du XIXe siècle dans le 3e arrondissement de Paris, pendant la Paris Art Week : la semaine où Art Basel Paris fait venir dans la ville des collectionneurs, des galeries et des commissaires du monde entier.
Plus de trente galeries y participent cette année. La photographie est au centre de cette édition. La foire ouvre un nouvel espace, AKAA PHOTO, pour les deux cents ans de la photographie : il regarde comment les photographes ont construit la mémoire visuelle du continent, des indépendances aux villes qui changent, des traditions réinventées aux rêves de la jeunesse.
Sur le stand D7
Ellipse Art Projects a choisi des murs noirs et une lumière serrée sur chaque œuvre. Zangbéto VI est accrochée à l'entrée du stand. Sur ce fond sombre, ses bleus, ses violets et ses orangés ressortent comme dans la nuit de Porto-Novo où l'image est née. Zangbéto V est présentée un peu plus loin, avec les œuvres des autres artistes défendus par Ellipse.



Je ne suis pas à Paris
Je ne suis pas à la foire. Le 22 octobre, le jour même du vernissage, je commence au Bénin la résidence Regards Croisés Québec-Bénin. Ce sont les œuvres qui voyagent, et Ellipse Art Projects me représente sur place. Je suis la foire à distance, avec les photos qui me parviennent du stand.
Pourquoi c'est important
Pour le projet Zangbéto, c'est une étape. La série est née à Porto-Novo en 2024, autour d'une divinité protectrice, le gardien de la nuit chez les Goun. Je l'ai photographiée en présence des Zangan, gardiens et accompagnateurs de cette tradition, avec le temps et le respect qu'elle demande. La voir aujourd'hui dans une foire internationale, devant des collectionneurs et des institutions, montre qu'on peut faire voir le sacré sans le trahir.
Pour l'art africain, c'est aussi une question de regard. Longtemps, nos traditions ont surtout été photographiées depuis l'extérieur. Zangbéto est le travail d'un artiste qui vit à Cotonou, qui connaît ces codes et qui sait aussi quand ne pas photographier. AKAA existe pour que les artistes du continent et des diasporas soient vus, circulent et soient reconnus. En être avec Ellipse, deux ans après avoir été finaliste du Prix Ellipse au Bénin, me rend fier.
« La nuit n'est pas un manque de lumière. C'est un territoire. »

